brandTLD : un incontournable pour protéger sa marque sur internet ?

En 2012, plus de 1000 candidatures ont été déposées pour de nouvelles extensions internet, parmi lesquelles près d’un tiers d’extensions en .marque (.leclerc, .mma, .total, .bnpparibas etc.).

 

Motivés à l’origine par la volonté de se défendre face à la multiplication des nouvelles extensions, les .marque ont transformé cette opportunité en un atout s’inscrivant parfaitement dans leur stratégie plus globale de protection et de valorisation de leur marque sur internet.

 

La particularité du .marque

 

En décembre 2013, l’ICANN a précisé la définition d’un .marque levant ainsi toute ambiguïté sur sa nature. Il s’agit d’une extension correspondant à une marque valablement protégée par les lois en vigueur de chaque pays. La catégorie est donc réservée aux seules marques officiellement enregistrées.

 

De ce statut particulier vont naitre des caractéristiques propres aux .marque. Ces derniers bénéficient par exemple d’une exemption automatique à ce que l’ICANN nomme le « code de conduite » des nouvelles extensions. Cette exemption permet au détenteur d’un .marque d’être le seul à pouvoir enregistrer des noms de domaine sous sa propre extension.

 

Il s’agit clairement d’une exclusivité : le gestionnaire d’un .marque établit ses propres règles sur son extension et peut choisir de fermer totalement l’enregistrement de noms de domaine au public. Ainsi encadrée, l’extension devient ce que l’on appelle un « closed registry » ou registre fermé. Cette nouvelle catégorie d’extension se différencie totalement des extensions « ouvertes » comme les extensions génériques (.com, .info, .xyz etc.).

 

Avec un .marque, pas de risque de cyber/typo squatting, d’usurpation, de phishing ou de spamming. De nombreux abus liés à l’enregistrement de noms de domaine disparaissent du fait de l’application d’une règle simple : il n’y a plus qu’un seul titulaire de nom de domaine, le registre du .marque lui-même !

 

Un rôle clé dans la maîtrise de sa stratégie de défense de marques

 

Si le coût d’entrée peut paraitre important au premier abord, les bénéfices de la création d’un .marque pour un grand groupe apparaitront rapidement comme une contribution indispensable à sa stratégie de défense de marques.

 

Compte tenu de la multiplication des nouvelles extensions, une société qui ne dispose pas de sa propre extension peut voir les coûts de surveillance de son portefeuille de marques exploser sans pouvoir les caper : sur quelles extensions doit-elle concentrer ses efforts ? Et comment garantir une détection des abus efficace pour protéger l’image de sa marque sur autant d’extensions ?

 

A cela s’ajoute la difficulté d’identifier les titulaires des noms de domaine puisque la totalité des données des titulaires ne sont désormais plus accessibles dans les Whois des nouvelles extensions (RGPD).

 

En créant son .marque, on établit ses propres règles sur un espace dédié et réservé. La surveillance de sa marque s’en trouve alors simplifiée. En d’autres termes, on reprend le contrôle sur sa politique de gestion de noms de domaine et par ricochet, sur sa stratégie de défense de marque en ligne.

 

Une sécurité accrue contre toutes sortes d’abus en ligne

 

Détenir sa propre extension offre également une couche de protection supplémentaire pour les marques qui sont la cible de comportements malveillants. Un .marque identifie sans ambiguïté l’origine des contenus qu’il diffuse et renforce ainsi la crédibilité et l’authenticité de sa marque auprès de ses clients.

 

La nouvelle extension est alors associée à un environnement « propre », sans risque pour les consommateurs. Il est nécessaire d’éduquer ses publics pour qu’ils prennent bien conscience de cet avantage : le .marque est la garantie d’être en relation exclusive avec la marque, en sécurité sur son territoire numérique.

 

L’ensemble de ces qualités font du .marque un incontournable pour les grands groupes. Les marques disposent désormais d’un espace sur le web qui leur est exclusivement réservé, garantissant à leur client une sécurité accrue. Autant d’arguments différenciant dans un contexte hautement compétitif.
 


 

 

 

Auteur de l'article :

Marianne Georgelin

Responsable Juridique, Afnic

 


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